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Mes photos
19 photos disponibles
Localisation
Ville: Hong Kong
Pays: Hong Kong
Détails
Situation: divorce
Age: 51 ans
Taille: 181 cm
Poids: 65 kilos
Cheveux : chatains
Yeux : marrons
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- Un avis sur mon physique
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Ce membre souhaite un avis sur son physique.

Nish
TAG : Presentation

Vous me trouverez aussi ici:

http://nishman.multiply.com


http://www.youtube.com/nishleclerc

http://membres.lycos.fr/nishman/

Présentations

Oh moi je ne suis qu'un bouffon Messires !
Un acrobate verbal pour mieux vous faire rire,
Jongleur grammatical et n'étant pas bien né,
Je mendie les regards et fais des pieds de nez.
N'ayant que peu de foi en la nature humaine,
Je traque les fissures de ses allures mondaines.
Je dis les vérités que l'on déteste entendre
Et attire la haine quand je voudrais du tendre.
Mais mon vocabulaire est une bien piètre épée
Et je vous laisse Messieurs l'honneur de batailler.

Nish

Koh Chang (Thailande)

De la voûte mouillée des palmes de cocotiers
De grosses gouttes s'écrasent sur mon pagne délavé;
Je gis dans mon hamac comme un coque clapotant
Dans une fissure huileuse de la soute d'un sampan.

Le ciel est si plombé qu'on le croirait absent,
Un miroir pour la mer, un reflet d'océan.
L'écume des nuages me joue un air funèbre
Qui pourrait m'engloutir vers d'aquatiques ténèbres.

Mais les mouches sont là pour capter mon éveil,
Rafraîchies par la pluie, oubliées du soleil,
Elle m'envient mon repos et m'ennuient par dizaines.

J'essaie de les chasser mais ma fatigue est vaine
Et l'effort est trop grand, et cette pluie me navre !
Je les laisse butiner mon corps comme un cadavre.
Nish

Les bonnes rillettes sarthoises...

Je viens du Mans (72), ville réputée non seulement pour ses passionnantes courses de voitures mais aussi pour ses spécialités culinaires raffinées comme, par exemple, les rillettes sarthoises. Un été qu'une maîtresse allemande m'avait laissé tomber, m'ôtant du coup toute chance d'aller jouer les DJ dans une boîte de nuit de Kiel, j'ai dû me rabattre sur ce qui restait des jobs d'été, en l'occurence faire des rillettes à l'usine Bordeaux-Chesnel.

Déjà, commencer à 5 heures du matin à trente bornes de chez moi, c'était pas trop l'pied m'enfin bon, il fallait absolument que je répare mon 103 Peugeot fraîchement endommagé lors d'une course-poursuite effrénée dans le centre-ville qui s'était terminée sous l'attache de caravane d'une grosse berline. On m'a donc affublé de bottes en caoutchouc, d'un bonnet blanc style apprenti-boucher, d'une blouse en plastoque et zou, aux grands fourneaux !

Je n'y fis pas long feu. Imaginez une immense salle avec quatre rangées de 50 marmites. C'était là que j'étais censé passer l'été. Aller dans la salle réfrigérée, se coltiner des bacs de saindoux et de bidoche, enfoncer les mains dans la graisse figée pour décoller les bouts qui ne veulent pas se détacher, balancer tout ça dans chaque marmite, ne pas s'apercevoir qu'un connard vient d'ouvrir tous les robinets de gaz à la fois, se prendre une grande flamme dans les guibolles en guise de signal qu'il faut s'emparer de la pelle à charbon et commencer à touiller jusqu'au fond le mélange lourd, infâme et fondant. J'sais pas si elles étaient bonnes mes rillettes mais j'y ai mélangé pas mal de gouttes de sueur. Mais le pire, c'est de nettoyer les marmites encore brûlantes après pour pouvoir plus vite refaire une autre tournée. Bref à la fin de la journée, j'étais sur les genoux. Je passe donc voir le chef de service et j'arrive à me faire changer de service.

Cette fois, je serai à la triperie, là où les patrons casent tous ceux qui se sont déglingués à bosser pour eux contre le SMIG. Tassement de la colonne vertébrale, oeil crevé, doigt coupé, ivrogne, c'était la zone de l'usine. Ils ont été contents de voir un p'tit jeune de l'école arriver. Je m'en suis nettoyé des kilomètres d'intestins de porcs ! Ah que ça puait ! Pis fallait pas laisser d'trous hein, que l'sang du boudin passerait à travers !

Je me vengeais en dessinant des grosses bites avec des bouts d'légumes sur les plats préparés et mes collègues étaient déjà si nazes à 11 heures du matin qu'ils n'y voyaient que du feu. Des durs c'étaient ces gens-là. Quatre litrons de rouge par personne sans parler du pichet du déjeuner à la cantine. Ça mangeait l'boudin sur l'pouce à 6 heures du matin et ça aimait ça !

C'est pratique le porc, tout s'mange. Même la tête. Même les yeux. Et qui c'est qu'on avait préposé à l'extraction des yeux de porc ? Bingo ! Les moitiés de têtes sortaient toutes bouillantes des cuves de cuissons et moi, avec mon gant en caoutchouc, je te leur enfonçais trois doigts dans l'orbite, je t'arrachais l'oeil d'un coup sec slackk, mais attends, gerbe pas tout d'suite, car tout ne se mange pas dans l'oeil porcin, la pupille est trop dure, trop cartilagineuse, il faut l'ôter. Pour ça c'est assez simple, il suffit de fermer le poing en ayant soin de pointer la pupille vers le haut et on presse fort. Splingg, la pupille saute en l'air! On peut même s'en servir comme projectile, c'est hilarant...

Je faisais donc des tas d'yeux tous les jours après mon lavage d'intestins. Après j'nettoyais les cuves chaudes. Ah et puis je débarrassais les ossements aussi. Ils avaient une grande benne dans une autre salle pleine de mouches où ils jetaient les restes. Ça s'décomposait là-d'dans pendant un bon mois avant qu'elle soit pleine alors il fallait que j'emploie tous mes dons de plongeur d'os troubles pour arriver à entrer, vider ma poubelle et ressortir sans respirer. Ben même comme ça, l'odeur restait accrochée j'sais pas comment et il fallait une bonne heure pour arriver à ne plus la sentir.

Un jour mes collègues, sentant que j'm'habituais, m'ont envoyé aider dans un autre service. J'aime le changement et là, promotion, on m'a confié la responsabilité d'une machine. Une laveuse de têtes. Mignon comme tout, avec des brosses tourniqueuses un peu partout et des petits jets à pression multiple. A côté d'moi, il y avait une autre machine, un gigantesque hâchoir à moteur pour couper les têtes de porc en deux. Mon travail consistait à attraper une des têtes fraîchement coupées, encore chaudes et amassées derrière moi dans un chariot et de la nettoyer aussi bien qu'possible avant de la balancer sur le comptoir voisin à mon collègue pour qu'il se la tranchât.

Moi, perfectionniste, je prenais mon temps avec chaque tête, j'leur lavais les oreilles, le groin, le coin des yeux, bref je leur redonnais forme humai... euh porcine. Ils étaient tout roses quand j'les passais, avec regret, à mon voisin. Bon, ça lui plaisait pas mes simagrées, il gueulait qu'j'allais pas assez vite alors en bon ouvrier consciencieux j'en ai mis un coup comme ils disent. Ah fallait voir ça, ça défilait, finis les Coton-tige, tant pis pour les cervicales sanguignolentes et les crottes de groin, zoum, je lui balançais les décapitées à vitesse grand V. L'autre grand trancheur, il était tellement con que ça lui a pas plu d'être obligé d'arrêter d'gueuler pour travailler alors il s'est mis à trancher à vitesse supersonique.

A ce moment-là je m'suis emparé d'une tête de cochon pas très catholique. Pas de doute, il avait la joue enflée çui-là. Mais alors quand je dis enflée, ça lui remontait jusqu'à l'oreille! L'infection balaise! On lui voyait l'reflet d'la fenêtre dans la joue! Il devait pas souvent s'laver les dents çui-là! Bref je n'dis rien, je brosse la bosse comme si de rien n'était et zoum, je la balance sur le comptoir du coupeur de têtes en deux. Lui, parti dans un délire de 24-heures de l'équarissage, ne remarque rien, coince l'enflée sous l'couperet et schlackkk, la lame tombe.

Ça a éclaté, que dis-je, explosé en une grande jaillissure malodorante ! Du pus partout mais surtout plein sa gueule! Ça lui dégoulinait sur le front, sur les joues que si j'l'avais pas tant détesté ce con-là, j'en aurai vomi sur ses bottes. Aaaah tiens j'en rigole encore!

J'y suis pas reste longtemps chez Bordeaux-chose, ils ont tenu quinze jours et ils m'ont viré. Mais j'aurais dû les poursuivre pour blessure mentale parce qu'il m'a bien fallu cinq ans pour recommencer à bouffer des rillettes et que donc, c'est à c'moment-là qu'j'ai arrêté d'grandir!

Nish

La pelle de l'inconnue

Ce matin, je marchais peinard dans l'avenue bondée de Nathan Road, concentré sur mes problèmes conjugaux, familiaux, pécuniaires, professionnels et existentiels (pour vous dire si j'étais pris), quand deux chevilles, prisonnières d'une paire de boots Camel, vinrent se placer dans le viseur de mon regard perdu. Là, bien centrées, elles forcèrent le focus de mon attention à passer du flou artistique original et naturel à une définition d'image aussi précise que l'abus quotidien de fumigènes exotiques puisse le permettre. La démarche était intéressante, assez lente elle se balançait en avant avec un enlevé léger en bout de semelle donnant à toute la silhouette une allure détachée quoique décidée.

Le grain de la peau me fit d'abord croire à la présence malvenue d'une paire de bas couleur perle. Il n'en était rien. La douceur élastique et doucement scintillante qui, de façon rythmique, s'étirait gracieusement et souplement devant moi était toute naturelle et ne devait sa soyeuse consistance qu'à la fraîcheur de sa jeune propriétaire. Un pas sur deux, le mollet, tendrement arrondi, laissait à peine saillir un muscle qu'on sentait ferme et chaud et qui, remontant vers le genou, s'affinait encore en une courbe promptement ébauchée.

Ah que c'était charmant !

Hélas, alors que je me demandais comment entamer la conversation puisqu'elle me tournait le dos, je butai soudain, et malencontreusement, sur la laisse réglementaire d'un berger aussi allemand que policier qui, avec cette fulgurance pénible et caractéristique des canins musclés, s'était faufilé entre moi et l'objet de mon enjouement visuel, en entraînant son maître, un grand flic dégingandé qui suait abondamment. Le temps que celui-ci parvienne à calmer suffisamment son molosse pour qu'il consente à desserrer les dents et à me lâcher la cuisse, j'avais déjà perdu mes perles en boots de vue. Me concentrant brièvement quoique mentalement, je rassemblai alors tout mon "Chi" dans mes pupilles et scannai à la fois la foule, l'horizon et les fourmillants trottoirs de l'avenue hongkongaise. Tel Robocop, mon regard quadrilla le paysage de lignes vertes et soudain, ma neuro-fouine fit clignoter l'un des espaces surveillés. Un zoom rapide de l'iris, un flash imperceptible de la prunelle et les mollets nacrés revinrent en focus. Ma réaction fut si prompte que mes semelles en crissant, laissèrent deux marques noires sur le bitume du trottoir.
Le temps de l'écrire et j'étais déjà sur les talons desdits mollets tentateurs où mon regard allumé put enfin réatterrir.

La sirène nacrée déambulait toujours du même pas léger dont l'insouciance tranquille et balancée attisait l'attention des tailleurs indiens qui rameutent les touristes sur le pas de porte de leurs petites échoppes.
La belle était en short. Pas un vulgaire short de sport, pas une petite culotte moulante non plus, non, elle avait enfermé son fessier remarquable et charmant dans un short des plus exotiques pour la région puisqu'il n'était pas sans évoquer l'Oktoberfest et sa Bavière. Imaginez-vous ça ! Une petite Asiatique, belle comme la lu ne des Mille et Une Nuits, douce comme une mangue, menue comme une bouteille de Coke et enveloppée dans ces culottes de cuir rude, épais et germanique. J'en bavais quasiment tant le contraste était saisissant d'érotisme pur !

Et bien sûr, c'est exactement à ce moment-là que je me suis senti saisi, par le cou aussi bien que par derrière, et le tout par un bras musclé quoique non velu.
Je venais de passer devant une bijouterie, ce qu'on ne devrait jamais faire sans se méfier et comme de bien entendu, deux malfrats, chinois sinon populaires, venaient juste d'en rafler tout l'or, d'en braquer tous les bijoux et de s'en faire la caisse. Mais ils auraient mieux fait de se faire la caisse hier, puisqu'à peine sortis, ils durent poser sacs à terre pour pouvoir sortir leurs revolvers.
Sur le trottoir d'en face, une bande de keufs, assis, semble-t-il, dans le vide, les bras en avant comme s'ils allaient plonger, pointent leurs armes de fonctionnaires dans nos directions. C'est à dire, dans ma direction et dans celle de la vieille dame que le complice de mon enfoiré d'étrangleur est également parvenu à prendre en otage. Eux sont planqués derrière nous, les sales lâches !
J'aimerais bien informer mon enlaceur du fait qu'un otage mort ne servant pas à grand-chose, il peut, éventuellement voire graduellement, desserrer son étreinte, qui, pour touchante qu'elle soit, n'en reste cependant pas moins étouffante.
-"Ng...ng...ng!" parvins-je à exprimer.
-"Sau sing!" qu'il me répond grossièrement! "Ta gueule ! Et pis comment tu sais comment j'm'appelle ?"
Et il desserre le bras pour que je lui réponde.
Mais moi, avec ma pomme d'Adam proéminente, qu'est-ce que vous voulez, je me suis mis à tousser. Du coup, l'autre enfoiré m'a resserré le cou ; moi, ca m'a fait qu'empirer ma toux ; tellement fort que par réflexe, en m'agrippant à son biceps, je l'ai obligé à me desserrer pour pouvoir tousser, mais alors quand je dis tousser, j'en avais les deux pieds qui décollaient du sol ! Ma toux, c'est dans l'intestin grêle que j'allais la chercher ! Tant et si bien qu'au bout d'un moment je me suis mis à gerber. Eh oui, je sais, c'est pas très héroïque, m'enfin c'est comme ça. La franchise est une qualité plus noble que l'héroïsme de toute façon.

Bref, je gerbais et mon étrangleur gueulait. Faut dire que c'est jamais agréable de sentir du dégueuli chaud dégouliner sur son bras, j'aurais été à sa place, j'aurais rouspété tout autant. Ce qui n'est pas banal dans tout ça, c'est qu'j'avais pas mal abusé du milkshake à la banane, dont je suis gourmand, à l'heure du déjeuner et que donc l'odeur de mes vomissures n'était finalement pas si désagréable qu'on aurait pu le penser.
Le problème, c'est qu'à Hong Kong, les gens sont tous tellement speedés qu'ils flanquent carrément des bananes toutes entières dans les mixeurs sans même se donner la peine de les peler. Ça donne une petite odeur de chlorophille amidonnée aux milkshakes qui n'est pas désagréable.
Enfin pour mon preneur d'otage, il aurait mieux pas fallu parce qu'entraîné par mes spasmes de déglutition, il fit un pas, oh un tout petit pas mais ça a suffit, en avant et il marcha dans mon dégueuli de milkshake à la peau de banane et s'affala immédiatement sur le dos. Dans la chute, il fit deux choses :
1. Il me lâcha.
2. Il crispa la gâchette de son revolver qui, bien huilée, réagit au quart de tour. La balle alla se loger dans l'orbite gauche de la vieille dame qui était enlacée dans les bras de l'autre bandit chinois.

Aussitôt, sur le trottoir d'en face, un vacarme de crépitations m'obligea à me couvrir les oreilles et à fermer les yeux, entouré que j'étais par les sifflements de balles.
Quand je les rouvris, intrigué par le silence soudain, j'étais debout au milieu de trois morts et tout le monde me regardait.
Sensation bizarre, j'vous jure, que d'être le seul à bouger dans une rue bondée mais silencieuse, avec une foule devant soi qui vous regarde sans remuer un cil et sans même éternuer.
J'sais pas pour vous mais moi, tout ce que j'ai trouvé à faire, c'est de me retourner et de dire pardon à mon agresseur vu que j'avais pas eu le temps de le faire de son vivant et que vraiment, il avait le bras tout dégueulasse.
L'ange est passé et la foule s'est réveillée, les flics ont rengainé leur artillerie et se sont avancés en gueulant, les badauds se sont approchés d'un pas hésitant et se sont faits encadrer en un instant puis les flashes des photographes ont commencé à crépiter. Pour l'instant c'étaient les cadavres et les sacs qui occupaient toute l'attention et j'en ai profité pour m'esquiver, n'ayant guère envie de passer le reste de la journée à faire des dépositions au poste de police.

Seulement j'ai eu beau rameuter tout mon "Chi", invoquer Vishnou et léviter en position du lotus pour avoir une meilleure vue, rien à faire, impossible de mettre la main sur mes mollets nacrés nulle part.
J'étais tellement désappointé que j'ai failli réatterrir sur un bus à impériale qui attendait le feu vert !
Bon, j'allais me faire raison et profiter d'être dans le quartier pour aller voir chez Tom Lee Music si ma guimbarde avait été réparée quand je l'ai vue sortir d'une librairie. Miracle ! Et en plus elle savait lire ! Je lui ai alors réemboîté le pas, qu'elle avait, l'ai-je mentionné, chaloupé.

Mon regard fébrile a rapidement remonté le chemin déjà parcouru avant mes deux mésaventures. Ses chevilles prisonnières du cuir noir et luisant surgissaient étonnamment douces et préservées, ce coin tendre et chaud juste au creux de ses genoux où l'on devinait une légère sueur, ces cuisses d'enfant, fines mais dures et musclées et ces petites fesses mignonnes sur lesquelles flottait le cuir rugueux de sa culotte bavaroise.
Je me suis demandé quel genre de sous-vêtement elle portait... J'espérais qu'elle aimait les petits slips de coton blanc des écolières japonaises. C'est ceux que je préfère.
Et cette taille ! Mes deux mains en auraient fait le tour ! Je la voyais bien sa taille parce qu'elle portait un de ces T-shirts trop courts qui laissent voir le nombril. Je les adore d'ailleurs, ces T-shirts et il y a vraiment toutes sortes de nombrils, ca doit être comme les empreintes digitales ça, y'a pas un nombril pareil.
Le creux de ses reins m'inspirait des caresses légères et pénétrantes quand la paume de ma main m'obligea à fermer les yeux pour mieux goûter la saveur du grain d'une peau féminine. La courbe de ses hanches et ses flancs étaient un sentier que mon regard longeait et refaisait pour un plaisir qui ne me lassait pas.
Je m'échinais aussi à déterminer si elle portait un soutif ou pas. Elles en ont toutes ici mais on ne sait jamais. Je n'arrivais pas à m'en rendre compte à cause des bretelles de son short et de ses cheveux qu'elle avait longs dans son dos.

Tiens, Mac Donald... Avait-elle faim ? Ah non, elle s'est dirigée vers le fond de la salle du restaurant. J'espérais qu'elle n'allait pas retrouver son petit copain !
Enfin, on allait bien voir, j'irai m'asseoir derrière elle.
Où en étais-je ? Ses cheveux ! Hmmm, ils étaient d'une abondance ! Lisses, épais mais soyeux et réguliers, ils formaient une masse attirante où la lumière se reflétait dans des ombres un peu rousses. Elle a rajusté sa sacoche sur son épaule et j'ai aperçu ses mains longues et menues que j'imaginais si bien glisser derrière mon cou. Et lorsqu'elle a poussé cette porte, son bras fin et bronzé aux muscles longs et bien dessinés m'a transporté d'émotion, j'aurais voulu l'enlacer et sentir sous ma joue la fraîcheur de ce bras de jade.

Et c'est à ce moment précis qu'intriguée sans doute par les visages indignés des mégères présentes aux robinets, qui tous pointaient, semblait-il, dans sa direction, que ma douce Chinoise bavaroise, de surprise, se retourna d'un coup sec.
L'univers entier s'effaca à cet instant ! Mon cerveau, trop occupé à concevoir tant de beauté, ne pouvait simplement pas accepter présentement d'autres informations du monde vulgaire et extérieur. Son visage était pur, pas un bouton, pas un furoncle, pas une cicatrice, pas un point noir, pas une ride, aucun point de beauté, lisse comme une statue de glace, doux comme une souris Microsoft. J'imaginais poser les lèvres sur le lobe de son oreille finement ciselée ; son nez était petit, mutin et joli, ses lèvres pulpeuses étaient un peu humides mais c'étaient surtout ses yeux en amandes qui m'hypnotisaient.
Peut-être portait-elle des lentilles de contact, sûrement même, mais ses yeux étaient noisettes au lieu d'être noirs. Fasciné par leur clarté, je ne réalisais même pas qu'ils étaient écarquillés d'horreur.
-"Lei ho lingaaaa!" dis-je dans un souffle d'un air soufflé, "Qu'est-ce que vous êtes belle !"
Et c'est là qu'elle s'est mise à hurler, bientôt imitée par toutes les autres mémères.

Ça m'a étonné sur le coup, je l'ai regardée crier sans trop comprendre, puis j'ai baissé les yeux sur mes vêtements et c'est là que j'ai compris que je n'avais pas une chance avec elle parce que mon T-shirt était plein de dégueuli de milk shake à la banane et que mon jean troué était plein de sang qui avait coulé sur mes Caterpillar couleur daim. Puis j'ai regardé les gravosses qui gueulaient toujours et qui s'étaient rassemblées en troupeau au fond de la salle et c'est là que j'ai pigé que j'étais dans les toilettes pour dames. Ça m'a fait sourire sur le coup mais pas longtemps car quelque chose m'a soudain frappé violemment derrière la nuque et je perdis conscience, sans pour autant, dans ma chute, pouvoir détourner le regard de ma jolie poursuivie.
Quand je me suis réveillé, il y avait plein de flics autour de moi. Ils m'avaient mis sur un banc en plastique mauve clair et ça m'a encore donné envie de gerber.
J'aurais pas dû me gêner d'ailleurs vu l'état dans lequel j'étais. Apparemment après m'avoir assommé à coup de sac de viande surgelée, le personnel du restaurant m'avait bombardé de hamburgers et de gobelets de milkshake à la fraise et au chocolat.
J'avais même des brûlures de frites sous l'oeil et du ketchup dans ma braguette !
La fille que j'avais adoré du regard était en larmes, en train de raconter je ne sais pas quoi à une policière qui avait l'air de compatir. Les quatre cerbères qui m'encadraient me regardaient d'un oeil noir et une foule d'environ 556 personnes s'amassait derrière eux.

On m'a emmené au poste et ça m'a pris un moment pour que je parvienne à convaincre les flics de prendre ma température afin de pouvoir prouver par là que je n'étais qu'une victime de plus de la fièvre asiatique qui atteint ici tant d'innocents mâles blancs. Puis il a fallu que je dépositionne encore sur l'incident de la bijouterie ce qui a pris un moment vu qu'ils étaient en pétard que je me sois tiré et finalement il a fallu que j'explique que je n'étais pour rien dans la mort subite qui avait paraît-il frappé mon berger allemand dans les dix minutes qui avaient suivi sa morsure ! Bizarre... Peut-être que je devrais arrêter de fumer autant ?

Encore une sale journée donc et je viens tout juste de rentrer.

Mais qu'est-ce qu'elle était mignonne quand même...
Nish


modifié le mardi 21 avril 2009 à 05:46

Nish bidasse
TAG : SociétéArmée | Service national | Soldat | 254 vues
0 commentaires Envoyer Posté le mardi 21 avril 2009 à 06:56

Quand j'étais ado, j'avais deux cauchemars, deux trucs qui décidément ne passaient pas et que je ne me voyais pas supporter: le travail et l'armée.

J'étais mal barré. Bosser de 9 à 5, c'est pas donné à tout l'monde d'éviter, m'enfin moi, tout désolé et inquiet, je ne pouvais que conclure que ça n'était pas fait pour moi. Quelque chose m'empêchait d'obéïr aux ordres et me dégoûtait rapidement de toute tache répétitive. Dés qu'un petit chef levait la voix, je l'égorgeais d'une vanne coupante et il se sentait obligé de me virer pour rétablir son autorité. Dés que je m'ennuyais, je commençais à faire des conneries. Un jour, je m'emmerdais tellement derrière la caisse d'une station-service que j'en ai cassé l'estafette du patron en faisant une marche arrière à la Fangio ! Dans une autre, on m'a renvoyé après qu'un client se soit plaint au patron de m'avoir vu faire l'amour avec ma copine dans la vitrine de la boutique! Dans l'usine de rillettes ou j'ai échoué un été, on m'a viré le jour où, planqué dans une réserve, je m'amusais à démonter le moteur de la CX du grand-boss... Quand finalement un pote m'a fait rentrer à la SNCF, ils ont été malins, ils m'ont donné une mobylette et des courses à faire toute la journée, ils ne m'ont pas mis d'casquette et ils n'ont pas insisté sur le port de l'uniforme. On s'est bien supporté.

Mais l'armée ? Comment se débarrasser de cette épine dans mon talon ailé ? Avec mon caractère, ça risque d'être un enfer. Je suis allergique aux adjudants et ça va s'savoir tout d'suite! D'abord je ne veux pas qu'on touche à mes cheveux, je ne veux pas porter d'uniforme, je ne veux pas toucher aux armes, je ne veux pas dormir dans un dortoir et je déteste manger à la cantine, pis j'veux des nanas. Non, le seul avantage que pouvait présenter l'armée, c'était de passer tous ses permis de conduire et franchement, le jeu n'en valait pas la chandelle. On m'avait dit aussi qu'on pouvait aller en prison pour refus d'obéissance. Ça, ce n'était pas vraiment grave mais là où j'ai méchamment tiqué, c'est quand j'ai appris que les jours de prison ne comptant pas comme des jours de service, on était obligé de se farcir du temps supplémentaire ! Le chantage ! Ou tu plies ou tu restes ! Laisse tomber, j'y étais encore dans dix ans c'était certain !

Que faire ?

J'n'étais pas tout seul à me poser la question d'ailleurs, on était bien une dizaine à se tourmenter les méningues, si on compte nos copines, autour de la cheminée de notre vieille ferme sarthoise déglinguée. C'était la pleine saison, on recevait tous à tour de rôle notre convocation pour les trois jours et nous cogitions derechef sur nos cas mutuels et respectifs. Bon, pour Jean-Mi, pas de problème, étudiant en psy, avec sa copine qui bosse au Planning, il lui est facile de se constituer un dossier médical en béton, son seul souci est de trouver la dose juste pour ne pas être catalogué comme grand débile.

Alain nous a donné des sueurs froides. Il a joué sur le décès récent de son père et tout a bien marché jusqu'au moment où le psy de l'armée lui a fait remarquer qu'être réformé risquait d'entraver sa carrière. Du coup Alain a paniqué et, a-t-on idée, il a demandé une semaine de sursis pour réfléchir ! Nous l'avons tous regardé tristement pendant une semaine: "Mais non Alain, il t'a bien eu, personne n'en a rien à glander qu'tu sois reformé ou non.", "Putain, comment tu vas faire maintenant ? Ça va être coton de rattraper l'coup !" Il y est parvenu ! Il est retombé sur le même psy, lui a dit que sa décision était de ne pas faire l'armée et il l'a obtenu ! Si nous n'l'avions déjà tant été, nous en serions tombés babas, nous le sommes donc restés.

Christophe, lui, a fait très fort. Christophe était un mec très calme d'apparence et de comportement mais totalement libre dans sa tête. Il s'était longuement promené en Afrique avec Thierry et depuis, il préférait rester à la ferme pour rêver, bouquiner et jardiner un peu. De temps en temps, il prenait sa 404 commerciale, un vestige du Sahara dont les portières étaient décorées de tags de fusils cassés, et il s'en allait, à la tombée du jour, pour piquer des bûches dans les forêts voisines. C'est le seul qui restait à la ferme le plus clair de l'année, nous avions tous une piaule en ville pour quand il fallait bosser un peu. Christophe prenait les jours comme ils venaient, assis près de la cheminée, les cheveux sur les épaules, de petites lunettes rondes sur le nez, il lisait. Un jour, il nous a annoncé qu'il partait aux trois-jours. Panique dans les vieilles pierres ! Quoi ! Depuis quand tu l'savais !? Pourquoi t'as rien dit !? Qu'est-ce que tu vas faire ? T'as pensé à un plan ? Non, Christophe n'avait pas de plan. Il est parti et quand il est revenu, il nous a dit calmement qu'il devait se présenter à la caserne de Rennes trois mois plus tard pour commencer son service. Un ange gêné passe en voltigeant, nous nous sentons mal pour lui, c'est pas possible quoi, Jean-Mi va lui faire un dossier, il s'est déjà occupé de Thierry qui, avec son passé houleux, ne peut simplement pas prendre ce risque. Non, non, Christophe ne veut pas, c'est bon, laissez tomber, vous bilez pas pour moi. On se dit que de Christophe, on peut s'attendre à tout et qu'il n'est pas assez stoned pour ne pas avoir sa petite idée. Trois mois plus tard, il est parti. Il ne nous a rien dit sinon salut et il est parti. Deux jours plus tard, il était de retour. Il avait toujours ses cheveux noirs bouclés à la Géronimo et il portait un sac à dos kaki. Son petit sourire promettait une histoire juteuse. On le laisse poser son sac, on lui roule un pétard, on lui sert un mug de thé... Alors ?

-"Ben rien... J'me suis pointé à leur caserne, j'ai montré mon papier, ils m'ont fait rentrer puis j'suis passé devant une sorte de comptoir où on m'a donné tout ça." dit-il en désignant le sac kaki du doigt. "Après, ben au lieu d'suivre les autres, j'ai fait demi-tour, je suis sorti de la caserne sans que personne ne me demande rien, je suis allé à la gare et j'ai pris le train pour aller voir Sophie. Le lendemain j'ai téléphoné à mes parents pour leur dire qu'ils allaient sûrement recevoir la visite des gendarmes et mon père m'a dit de pas m'inquieter, qu'il allait leur dire ce qu'il en pensait de l'armée et les flanquer dehors sans se gêner. On a rigolé et me voilà. Comme personne ne sait que je suis ici à part vous, Sophie et mes parents, je suis peinard."

Peinard et déserteur ! J'ai des copains d'enfer ! En plus on va pouvoir jouer au scout avec le matos de l'armée ! Christophe n'a jamais été attrapé par les gendarmes, il est mort trois ou quatre ans plus tard, un jour qu'il traversait une avenue avec Thierry, à Paris où il n'allait presque jamais. C'est une Rolls Royce qui l'a tué. On a encore tous les boules... J'peux plus voir Samothrace en sculpture sans penser à sa sépulture.

D'autres potes se sortaient de l'épreuve en avalant des litres de café et des pilules variées avant de se présenter aux guichets verdâtres. La plupart du temps, ça marchait mais quelques-uns ont exagéré leur numéro et se sont retrouvés en observation à l'hôpital psychiatrique. Là, ils ont dû joué la comédie pendant parfois une semaine, dans une ambiance de parano pas triste, avant d'être relâchés. Pas cool du tout ! Y'en a un qui n'a pas tenu et qui s'est donc retrouvé en Allemagne... Bref chacun avait sa petite idée pour régler le problème et moi, ça faisait bien six mois que je m'étais décidé sur la marche à suivre.

Quand j'avais 10 ans, pour les vacances de Noël, mes parents m'avaient envoyé dans une colonie de vacances en Savoie au Châlet des Écureuils pour y devenir un skieur chevronné, enfin, pour au moins y décrocher ma première Etoile. Un soir alors que je prenais ma douche en sifflotant la Madelon, le moniteur-garde chambrée est entré en fermant la porte derrière lui. Il semblait très en colère pour une raison que j'ignorais complètement et, après m'avoir copieusement et bruyamment déclaré à quel point il en avait par dessus la tête de ma présence, il m'a soudain donné trois choix de punitions:

1. Je te descends à poil dans le dortoir des filles pour qu'elles se foutent de toi.

2. Tu fais ce que je te dis d'faire.

3. Je dis à tes parents que t'as été infect tout l'séjour.

Là-dessus, il me donne 5 minutes pour réfléchir et me décider et il sort en me laissant, éberlué et enfermé à clé dans les douches pleines de vapeur. Quand il est revenu, je ne savais pas trop bien ce qui s'passait ni ce que j'étais censé répondre mais quand même, ça ne me semblait pas très clair, pas très normal tout ce foin pour rien alors je lui ai dit de raconter ce qu'il voulait à mes parents. Tout sévères et bouchés qu'ils puissent être, ce n'était pas très grave, les torgnoles, je connaissais. Alors, il m'a envoyé m'habiller. Mes fringues étaient à l'autre bout de la salle de bain, dans un coin. J'y suis aller tout maigre et tout nu, je me suis séché et j'ai enfilé mes vêtements dans le silence en sentant le regard du moniteur dans mon dos. Puis je me suis retourné et je me suis rendu compte qu'il avait son pantalon sur les genoux et qu'il tenait son zizi dans sa main. Ça m'a donné envie de rigoler mais quelque chose me disait qu'il ne valait peut-être mieux pas. Il m'a demandé de lui tailler une pipe. Bon, ben j'avais que dix ans et je balisais un peu mais j'ai quand même réussi à dire: -"ok, pis après on descend chez l'directeur." Heureusement, ça a suffit à le faire débander.

Cette histoire, que j'avais commis l'erreur de raconter dans mon lycée, m'avait collé une sale réputation et assez d'ennuis pour qu'elle me serve à quelque chose aujourd'hui. J'allais gonfler un peu les choses, m'affaiblir un rien le psychisme et ça devrait passer; avec une phobie des dortoirs, une phobie des douches communes et une insécurité dans les milieux exclusivement masculins, je devrais pouvoir me sortir des sales draps militaires... J'ai donc bouclé mon sac Mao, celui où j'avais marqué "J'ai vingt ans et je ne veux pas...", j'ai enfoncé ma boite de pétards dans la poche de ma veste, mes pieds dans le cuir de mes bottes et je suis allé à la gare du Mans où j'ai pris le train pour Rennes avec mes lunettes fumées et mes longs tifs bouclés. Vingt minutes avant l'arrivée, je me suis enfermé dans les chiottes pour fumer un petit joint et quand je suis ressorti, j'ai commencé à enfiler mon rôle.

Je m'adosse dans le coin près de la porte d'entrée, maussade et l'air renfrogné. Mon petit joint m'aide à créer l'illusion. Je ne regarde plus personne dans les yeux, mes regards se font furtifs, évasifs. Je laisse l'angoisse, l'inquiétude monter en moi au lieu de repousser le trac. Après tout, il va falloir jouer serré. Des gens passent en remontant les compartiments. Certains mecs, à peu près du même âge que moi, me lancent un coup d'oeil au passage. Allons-y pour un petit coup de parano, je me dis que ce sont peut-être des appelés et je me renfrogne d'avantage.

Arrivé à Rennes, je sors de la gare et j'aperçois l'autobus militaire qui attend devant. Je traîne mes semelles et je m'approche quasiment à reculons. Dans l'autocar, je vais m'asseoir au fond et je ne dis rien à personne. Il y a des mecs qui font des blagues en s'balancant de grandes claques dans le dos. Ça sent déjà sa chambrée... Ambiance colonie d'vacances pour grands dadets. Je regarde mes bottes, immobile et silencieux. Le bus, après avoir remonté une sorte d'allée royale bordée de grands arbres, entre dans une caserne et va se garer devant un bâtiment moderne et bien vitré. Ça sent l'architecture psychologique, le jardinage pensé, l'accueil encourageant mais hum, j'ai l'oeil ! Lentement, le car se vide et une queue se forme devant l'entrée. Les premiers bizuths sont déjà à l'intérieur, devant les guichets où des bidasses consultent leurs papiers militaires en les comparant à leurs listes. Doucement, graduellement, je me rapproche des portes vitrées. Je suis presque devant lorsque je remarque un grand écran de projection installé sur la droite, à l'intérieur. Le commentaire ne m'arrive qu'en murmure mais je regarde les diapos. Soudain, j'ai ce qu'il me faut ! La diapo représente la salle de bain d'une caserne avec ses douches communes. Il y a même un mec qui montre ses fesses sur la photo. Je m'immobilise à deux pas de l'entrée. Les types derrière, passent devant moi en maugréant. Je ne bouge plus, les yeux fixés sur l'écran de projection. La file file devant moi. Je reste en arrière, je n'entre pas. La queue se rétracte jusqu'à ce qu'il ne reste plus que trois jeunes mecs devant les guichets et enfin, l'un des uniformés me repère de derrière son comptoir, planté devant la porte vitrée, figé.

-"Hé ! Vous ! C'est par ici qu'ça s'passe !" gueule-t-il comme dans un PMU.

Je ne bouge pas, je ne le regarde pas, je mate l'écran mais je commence à trembler légèrement. Je crispe les muscles de mes mollets, de mes cuisses, dans mon ventre et dans mon dos, dans ma nuque et dans mes bras très vite et comme si je faisais passer un courant électrique irrégulier et je me mets à trembler.

-"Hé ! C'est à vous que j'parle ! C'est pour aujourd'hui ou pour demain ?"

Là, je le regarde, je tourne la tête vers lui d'un mouvement brusque et j'ordonne à mes yeux de se remplir de larmes. Et c'est ce qu'ils ont fait ! C'est rare ces moments où la concentration devient telle qu'on arrive pratiquement à tout capter, à tout voir, à analyser une situation en un clin d'oeil et à faire de son corps ce que l'on veut, mais c'est possible, ça arrive; grâce à l'adrénaline, je sais pas... Bref, le caserné voit mes larmes, s'esclaffe, ameute son collègue qui s'esclaffe aussi, parfait jusque là. Il s'avance vers moi.

-"Ben quoi ? Faut pas être timide comme ça ! Allez, venez signer l'registre, on va pas vous manger !"

-"J'lui avais bien dit ! J'lui avais bien dit qu'ce serait pareil ! Mais évidemment, comme d'habitude, elle n'a pas voulu m'croire !" dis-je à mi-voix, l'oeil vague, la tête baissée.

-"Hein !? Qu'est-ce que tu racontes ? Allez suis-moi !"

-"A quelle heure est-ce que le bus retourne à la gare, j'veux rentrer chez moi maintenant."

-"Mais tu ne peux pas rentrer chez toi ! Il faut que tu signes le registre !"

Je fond en larmes.

-"Non, j'lui avais bien dit à maman qu'il fallait pas que j'vienne, mais elle a pas voulu m'croire encore, elle me croit jamais mais regardez ! C'est les mêmes douches que là-bas ! Moi, j'veux pas rester ! J'veux rentrer tout d'suite !"

Le type fronce les sourcils et commence à me regarder de manière étrange. Putain, ça marche !?

-"T'essaies d'me bourrer l'mou là hein ? Mais c'est pas ici qu'il faut la faire ta salade, c'est devant le psychiatre, moi tu sais, j'm'en fous !"

-"Moi, j'm'en vais tout d'suite de toute façon."

Et je fais demi-tour.

-"Si tu t'barres, c'est les gendarmes qui viendront t'chercher!"

-"Ils peuvent pas, j'habite chez ma maman ! Vous pouvez pas envoyer les gendarmes chez ma maman, elle m'défendra !"

-"Eh bien vas-y chez ta maman, tu verras bien!"

Je reviens sur mes pas.

-"Il faut pas envoyer les gendarmes chez ma maman, vous la connaissez pas, elle est vraiment très sévère !"

Le regard étrange plonge encore une fois dans mes yeux noyés, j'y mets toute la détresse que je peux imaginer.

-"Écoute, si tu veux pas qu'les gendarmes aillent chez toi, il faut que tu viennes à l'interieur ok. Il t'arrivera rien je t'en donne ma parole."

Je rechiale.

-"Non, j'ai bien vu la photo ! J'veux pas ! J'veux pas, y'a plein d'garçons!"

Ses yeux se marrent mais il sourit à peine.

-"Oui, ça, à l'armée, y'a beaucoup d'garçons."

-"J'veux pas aller dans un dortoir, j'peux pas dormir, j'ai peur ! Je veux rentrer chez moi, s'il vous plait!"

-"Mais qu'est-ce que ça peut t'faire les dortoirs ? Il peut rien t'arriver ! Écoute, viens avec moi, on va voir ce qu'on peut faire. Je vais t'emmener à l'infirmerie."

-"Pourquoi faire !? J'suis pas malade ! J'veux pas ! Qu'est-ce que vous voulez m'faire !?"

-"Rien du tout, tu vas aller voir le docteur et tu pourras t'expliquer et peut-être qu'il te laissera rentrer chez toi."

-"Ce soir ?" dis-je l'oeil brillant, un zeste d'espoir dans le ton.

-"Ah ça j'peux pas t'dire mais peut-être oui, pourquoi pas. C'est lui qui décidera. Alors tu viens ?"

-"On va voir le docteur hein ? C'est pas pour aller dans les douches ?"

-"Mais non, qu'est-ce qu'on irait faire dans les douches ? Allez viens, t'inquiète pas."

À l'entrée, je marque à nouveau un arrêt. Il est devant moi, il s'arrète aussi.

-"Ben dépêche-toi!"

Je ne bouge pas. Il revient sur ses pas et me prend par la manche. Je fais un saut en arrière, me dégage et crie:

-"Me touchez pas !"

-"Bon d'accord mais tu me suis !"

Je le suis. Une foule de bidasses et d'appelés s'est formée dans le hall d'entrée pour assister à la scène. Je traverse une haie de mecs et j'essaie de ne pas me marrer. Je marche la tête basse, en serrant mon sac sur mon ventre. J'essaie de ressembler à une nana dix minutes après son viol. J'dois vraiment pas avoir l'air net parce que personne ne se marre plus. C'est bien, je me sens vraiment tout seul, vraiment tout moi, dans une peau qui n'est pas la mienne, un endroit dont j'aimerai bien me tirer et face à un futur que je m'efforce d'éviter. Je n'dois faire confiance à personne. Je suis complètement retranché dans mon cerveau, tout ce que je montre ou dis est feint, tout ce que je vois, entends, perçois, je l'analyse dans les moindres détails comme si c'était une boussole dont je me sers pour avancer dans le brouillard. En fait, c'est drôle, je me sens comme si j'étais piègé dans un combat, j'essaie de m'en sortir coûte que coûte et j'ai peur. Mêmes mes ennemis sont en uniforme dis-donc ! Je suis mon bidasse jusqu'à l'infirmerie et il me dit de m'asseoir sur un lit.

-"Je ne veux pas faire la sieste !" je lui gémis au moment où il s'en va.

Il me jette un long coup d'oeil, hausse les épaules et sort. J'attends un bon moment, agité de soubresauts volontaires, les bras enroulés autour des genoux, assis en boule, dans la pénombre, sur mon lit d'infirmerie. Après dix bonnes minutes, voilà le toubib qui arrive, typique, en blouse blanche, avec des lunettes à carreaux tellement épais que ça lui donne un regard de St Bernard, on s'attend à le voir baver.

-"Alors, qu'est-ce qui ne va pas ?" me lance-t-il d'un ton d'un qui n'a vraiment pas de temps à perdre avec des blagues. Je ne réponds pas.

Silence.

-"Vous avez entendu ma question ?"

...

Les minutes passent. Je tremble.

-"Vous allez rester sur ce lit longtemps ?"

...

Je murmure:

-"Est-ce que j'pourrais rentrer chez moi s'il vous plait ?"

-"Ah ça non ! Ce n'est pas possible ! Il faut passer les tests et tout ça !"

Vlan, je refonds en larmes, ça lui apprendra à être sensible avec les débiles profonds.

-"J'veux pas rester ici ! Laissez-moi rentrer à la maison ! J'veux pas aller dans un dortoir ! Laissez-moi partir !" je pigne en bêlant.

-"Mais enfin calmez-vous ! Il faut passer les tests je vous dis ! Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il y a avec les dortoirs ?"

Je me tais. Je baisse les yeux, je renifle un coup et je me tais.

-"Écoutez, si vous voulez que je vous aide, il faut me dire ce qui ne va pas, sinon moi j'appelle une ambulance et on vous emmène chez les fous, c'est aussi simple que ca !"

-"Parce que j'ai peur dans les dortoirs. J'veux pas y aller."

-"Pourquoi ? Il vous est arrivé quelque chose dans un dortoir ? Allez-y, vous pouvez m'raconter, ça reste entre vous et moi. Qu'est-ce qui s'est passé ?"

-"Vous l'direz à personne c'est sûr ?"

-"Bien sûr que non ! Alors ?"

Alors, avec force soupirs, après lui avoir fait jurer 10 fois qu'il ne dirait rien, surtout à ma mère, la larme à l'oeil, l'épaule tressaillante, je lui raconte, un rien exaggérée, mon histoire de colonie et je la termine, proche de la crise de nerfs, en le suppliant de ne pas m'envoyer dans un dortoir.

-"Mais non, tu vas rester ici, à l'infirmerie. On va te donner une chambre juste pour toi, tu seras tout seul. Tiens, viens, prends ton sac et suis-moi, je vais te montrer où c'est."

Je n'en crois pas mes oreilles ! Ça marche ! Génial ! Un piaule pour moi tout seul ! Il y croit ! Dans le couloir, il fait signe à un infirmier qui lui passe un trousseau de clés. Je l'entends qui parle de calmants aussi. Je le suis et il ouvre une porte. Ma chambre. Vue sur la pelouse, c'est gentillet. L'infirmier arrive, un seringue à la main !

-"Eh qu'est-ce que c'est que ça !" j'm'exclame en me levant d'un bond du sommier.

-"Calmez-vous !" me répond l'toubib "c'est juste un calmant. Vous n'allez pas me dire que vous n'en avez pas besoin ?"

-"Euh, c'est quoi ?"

-"Du valium, ca va vous aider à vous relaxer, vous allez voir."

-"Où est-ce que vous allez planter l'aiguille ?"

-"Ben dans la fesse. Baissez votre pantalon."

-"Non mais ça va pas ! Alors là sûrement pas ! Putain qu'est-ce que j'disais !? Ça fait pas une heure que j'suis là et il faudrait déjà que j'montre mes fesses ! Pourquoi d'abord hein !? J'ai pas besoin d'médicaments ! Et puis pourquoi pas dans l'bras hein ? Ou dans l'épaule !?" dis-je en fulminant.

-"Allez ! Juste un peu, on vous pique en haut d'la fesse, regardez, on vous touche pas !"

-"Aïe !"

-"Voilà ! Terminé ! Massez-vous vous-même avec ce coton. Maintenant vous allez vous allonger. Vous avez faim ?"

-"Non."

-"Ça vaut mieux avec le valium de toute façon. Dormez et on verra ce qu'on peut faire demain matin d'accord ?"

-"D'accord."

-"Vous voulez que je ferme à clé ?"

-"Oui s'il vous plait!"

-"D'accord, pas d'problème, je ferme à double tour et je donne la clé au garde. Ça va ?"

-"Oui... merci."

-"A demain. Bonne nuit."

La porte se referme. Je ne bouge pas. Soyons parano jusqu'à l'os. Je regarde partout. Pas de caméra de surveillance, rien, c'est juste une chambre d'infirmerie. Je me redresse, sourire aux lèvres. Je ne fais pas de bruit mais je me marre. Le valium fait son effet mais j'attrape ma veste. C'est un must ! Je dois fumer un pétard à l'armée ! Je n'en aurai peut-être jamais plus l'occasion ! J'ouvre la fenêtre, j'allume mon joint et je m'affale sur l'oreiller. Pfft ! Lourd le valium ! Aaaah ! Je suis béat ! Tout marche comme sur des roulettes et mes trois-jours à l'armée tournent en séjour à l'armée, pas mal...

Ça faisait longtemps que je ne m'étais pas endormi avec les poules et elles sont encore là au réveil. Tiens, pas d'clairon... Va-t-on m'apporter des viennoiseries avec le drapeau bleu-blanc-rouge dessus ? Non, on m'apporte bien le petit-dèj sur un plateau mais ce ne sont pas des viennoiseries, pas même des dim-sums, juste des tranches de baguette. De toute façon, ce n'est pas ça qui m'ennuie le plus, non, ce qui m'ennuie le plus, c'est que je connais l'infirmier qui vient de m'apporter mes tartines. Il ne m'a pas encore reconnu mais moi je sais qui c'est, c'est le mec qui jouait du Michel Fugain sur sa guitare l'autre jour chez ma voisine. Et merde ! Putain j'espère qu'il est cool mais j'sais pas quoi faire. J'lui dis bonjour ou quoi ? J'fais semblant de rien ? C'est risqué s'il s'exclame tout soudain devant quelqu'un d'autre... Que là, on est tout seul...

-"Euh, salut ! Tu m'reconnais pas ?" lui dis-je en chuchotant presque.

Il me dévisage.

-"Ah si !"

Je mets mon doigt sur mes lèvres. Il va fermer la porte.

-"Si j'me souviens d'toi. Rue des Terrasses, c'est ça ? Il m'semblait bien aussi en entrant..."

-"Ça va ? Qu'est-ce tu fous là ?"

-"Ben tu vois, j'fais mon service comme infirmier ici, c'est pas trop mal."

-"Ah ben tu dis rien ok, mais moi j'essaie d'me faire réformer alors si tu pouvais faire comme si tu me connaissais pas, ça serait vraiment cool tu comprends ?"

-"Ok, t'en fais pas, j't'ai jamais vu !"

-"Merci, t'es sympa."

-"Ok, salut et bonne chance!"

Il s'en va. Pfff, c'est bien ma chance encore ce plan ! Bon, j'ai pas faim mais une petite tasse de café, pourquoi pas ? Je viens à peine d'avaler la dernière gorgée qu'un type en uniforme, la cinquantaine grisonnante, entre sans frapper dans ma chambre, m'ordonne de le suivre et ressort avant que j'ai eu le temps de reposer ma tasse. Bon, pas d'affolement, je mets ma veste, rassemble mes affaires, je les fourre dans mon sac que je pose sur mes genoux en m'asseyant sur le lit, le dos tourné à la porte. Bien sûr, trente secondes plus tard l'autre tornade kaki refait son entrée.

-"Et alors !? Je vous ai demandé de me suivre !"

Je rentre la tête dans mes épaules et je me remets à trembler.

-"Mais vous êtes sourd ou quoi !? Suivez-moi !"

Petit effort mental, ça y est, ça coule. Je tourne ma pauvre tête en larmes vers lui.

-"Je peux rentrer chez moi maintenant ?"

Il me dévisage, un rien interloqué.

-"Attendez-moi ici."

Il repart et revient cinq minutes plus tard avec un autre toubib.

-"Bon, vous allez suivre ce monsieur, hein, c'est juste pour aller chercher l'argent que l'armée vous donne pour être resté ici, vous signez un papier, un reçu et c'est tout."

-"C'est pas un papier pour s'engager dans la légion hein ? Vous allez pas m'envoyer dans le désert ?"

-"Mais non ! Non mais qu'est-ce qui vous fait penser une chose pareille !?"

Bon, s'il s'agit de se faire un peu d'argent de poche peinard, pourquoi pas hein ? Je suis. Oui, mais avant d'empocher mon argent, ils me l'ont fait gagner à la sueur de mon front ! Ils m'ont d'abord fait asseoir dans le même hall d'entrée que la veille, en face de trois bidasses qui ne m'ont pas quitté des yeux et comme j'étais censé trembler, eh bien c'est ce que j'ai fait en fixant mes godasses pendant une bonne demi-heure. Fatiguant ! M'enfin bon, c'était l'armée après tout, valait mieux ça qu'faire des pompes dans la boue sous la pluie d'un mois d'novembre lorrain. Finalement, on m'a tendu un sac en plastique plein de pièces de monnaie et on m'a dit de suivre. Comme je commençais à prendre le pli, j'ai suivi.

C'est à ce moment-là que j'ai compris que j'aurais peut-être pu me passer de trembler tout à l'heure. C'était bon, on m'avait cru, on ne doutait plus de ma débilité, on me croyait sans doute un rien suicidaire ou évasif mais on croyait à mon histoire. La salle dans laquelle on me faisait pénétrer ressemblait à n'importe quelle salle de classe d'un bon vieux lycée de province. Les bancs étaient tous occupés de futurs jeunes fleurons de la Patrie, tous sauf ceux du coin gauche, devant l'estrade. Le bidasse qui m'accompagnait me dit de m'asseoir juste devant à gauche, si bien qu'il n'y avait personne ni derrière moi ni à ma droite. Ouah ! Que d'égards ! Il s'agissait en effet de faire le test de quotient intellectuel. Le test commença avec une poignée de mecs qui levaient la main pour dire qu'ils ne savaient ni lire ni écrire. Ça m'a soufflé ! Hein ? En France et en 1979 ? Eh, je n'avais pas encore enseigné, j'savais pas ok ?!

On distribue les feuilles et moi je me dis que finalement, rien, dans mon histoire, ne m'oblige à massacrer mes réponses. A la limite, ça risque de se voir. Non, ok, j'vais les faire sérieusement leurs tests. Environ deux heures plus tard, on fait sortir le reste de la salle, puis moi. On me raccompagne à ma chambre où mon déjeuner est déjà servi. De la purée ! Comment savaient-ils que j'adorais ça !? Les services secrets sans doute... On est tous fichés dans ce pays ! L'infirmier qui est venu me desservir m'a demandé si je voulais assister à la séance de cinéma projetée pour tout le monde. Merci Firmin, mais je suis las, cet après-midi, je resterai consulter quelques ouvrages littéraires dans mes appartements. Remerciez le Général pour moi. Eh eh ! Rien à faire de l'après-midi ? Parfait ! Hop, un petit pétard de derrière les fagots et je m'enfonce douillettement dans "La vallée des rubis" de Joseph Kessel. Vers sept heures on m'apporte mon dîner que j'avale en un tour de main. Deuxième petit tarpé et je sombre dans mes toiles. C'est sain l'armée.

Le lendemain, après le petit déjeuner, je suis censé passer des tests médicaux mais l'infirmier ne sait pas quoi faire. Rien n'a été prévu apparemment pour m'isoler des autres. Il me laisse en compagnie d'un groupe de quatre gradés grisonnants et d'un cinquième en treillis de combat. Les pépés sont joviaux, ils ont entendu parler de moi et s'étonnent:

-"Mais enfin je n'comprends pas, j'ai regardé les résultats de vos tests, vous êtes étudiant, comment tout cela est-il compatible avec euh... votre... euh... votre gène ?"

-"Ah mais dans la vie normale ça va parce qu'il y a les filles. Quand il y a les filles, je me sens bien."

-"Oui mais enfin, avec vos études, vous serez sans doute appelé à enseigner, comment ferez-vous ?"

-"Oh les écoles sont mixtes maintenant, il n'y a pas d'problème."

A ce moment je sens un mouvement à ma droite; c'est le type en treillis qui se recule pour lire ce qui est inscrit sur mon sac. Hmmm, pas conseillé ça... Je place mon bras devant le graffiti, l'air de rien.

Les test médicaux se passent sans encombre. Il faut encore que je reste une nuit pour voir le psy demain. Je n'ai plus rien à fumer mais ce n'est pas la peine, je passe la soirée à me barricader dans mon rôle, à me poser des tas de questions, à y répondre. Faut qu'j'assure ! C'est le psy qui me réforme !

Le lendemain, je passe encore un test visuel puis on m'emmène dans le bureau du freudien de corvée. Il me fait asseoir en face de lui, devant son bureau surchargé de papier comme si on n'était pas à l'armée.

-"Bon, monsieur euh... Leclerc. Oui. Vous avez un problème alors il parait ? Tout le monde parle de vous ici !"

-"Vous le direz pas à ma maman hein ? Surtout que j'ai pleuré parce qu'elle m'a fait promettre."

-"Où habitez-vous ?"

-"Chez maman."

-"Vous avez encore votre père ?"

-"Oui."

-"Quelle est votre profession."

-"Je suis étudiant."

-"Qu'est-ce que vous étudiez ?"

-"L'histoire."

-"Pourquoi l'histoire ?"

-"Parce que ma maman pensait que ce serait intéressant."

-"Ça ne vous plait pas ?"

-"Oh si !"

-"Le docteur qui vous a reçu m'a parlé de votre histoire en colonie de ski, vous en avez parlé à quelqu'un, à votre famille par exemple?"

-"Non, j'ai trop peur !" dis-je l'air menteur

-"Mais peur de quoi ?"

-"De ce que Maman dirait !"

-"Qu'est-ce qu'elle dirait à votre avis ?"

-"Elle me croirait pas mais si elle me croyait elle serait pas contente !"

-"Vous lui en avez parlé alors ?"

Je baisse la tête. -"Un petit peu."

-"Qu'est-ce qu'elle a dit ?"

-"Que je devrais avoir honte et qu'il ne fallait pas que je le dise."

-"Vous avez une petite-amie ?"

-"Oh non, maman ne veut pas."

-"Vous avez envie de faire votre service militaire ?"

-"Maman veut que je le fasse oui."

-"Qu'est-ce que vous faites pendant vos loisirs ?"

-"Je lis."

-"Qui vous donne les livres ?"

-"Je vais les chercher à la bibliothèque catholique où maman m'a inscrit."

-"Comptez-vous quitter vos parents quand vous aurez fini vos études ?"

-"Oh non, je suis trop jeune et puis je veux suivre de longues études. Maman voudrait bien que je sois professeur à l'université."

-"Et vous, ça vous plait cette idée ?"

-"Oh oui et puis maman a toujours raison vous savez."

-"Bon, Je ne suis pas certain que ce soit le meilleur service à vous rendre mais je vais tout de même vous reformer P4."

-"Qu'est-ce que c'est P4 ?"

-"Ça veut dire que ce n'est pas la peine de venir faire votre service militaire."

-"Mais en cas de guerre, qu'est-ce que je ferai ?"

-"Soit vous resterez chez vous soit vous serez à l'arrière."

Et sur ce, il me tend mon carnet militaire. La comédie est terminée, j'ai ce que je voulais: un an de liberté de plus à ma vie ! Je contiens ma joie, ce serait dommage de tout gâcher maintenant. Je sors lentement de la caserne, je passe sous le porche en fer forgé et je longe l'allée royale d'un pas mesuré. Je tourne enfin au coin de la rue, je donne un petit coup d'oeil derrière moi, ça y est, je suis hors de vue ! Yahouuu ! Je bondis en l'air de joie ! Mission accomplie ! Génial !

Je fonce à la gare prendre le premier train sur Le Mans où, dés mon arrivée, je téléphone chez moi.

-"Allo Maman ? Hey ! C'est moi ! Je suis reformé ! C'est génial ! Pas d'service militaire tu t'rends compte !?"

-"Et ça te réjouis toi !? Non mais qu'est-ce que tu as encore dû leur raconter pour qu'ils te mettent dehors !? Ah ça va faire bien quand tu chercheras du travail dans l'Education Nationale ! Ah vraiment Pascal, tu me feras mourir de soucis!"

-"Ben enfin, ça te fait pas plaisir que j'évite de perdre mon temps pendant un an ?"

-"Et qu'est-ce que tu vas faire à la place hein ? Tu peux m'le dire ? Depuis quand t'as pas été en cours ?"

-"Ouais, ok M'man, t'inquiète pas, faut qu'j'y aille là, j'te laisse. Salut !"

C'est pas vrai quand même, jamais contente la mère ! Finalement, j'ai de la chance de ne pas être comme celui dont je jouais le rôle à Rennes, il s'en est peut-être fallu de pas beaucoup, peut-être même qu'il est là d'ailleurs, le demeuré !

 Nish


Words to Harassing Race
TAG : SociétéRace | Discrimination | Racism | 255 vues
0 commentaires Envoyer Posté le mardi 21 avril 2009 à 06:53

Harassing Race, how sweet you sound,
To make a sheep of me....
I once was free but now am found,
Was kind, not in high glee.   T'was Race that taught...
my heart to fear.
And Race, my peers reviled.
How tedious does the world appear...
now that your church has filled.   Through many crusades, stakes and snares...
we have already come.
T'was Race that brought hell thus far...
and Race will split us home.   Discord just promises more debris...
The sword of hate punctures
Our will, our hope, our family...
Where's life in your features ?   You've been here for thousands of years...
You were really no fun.
Yet we still have the strength to raise...
as when you've first begun.   "Harassing Race, how dumb you sound,
To make a freak of me....
I was naive but now I found
Better things to study.   Nish

Va-t-en Tonton !
TAG : HumourTonton | 194 vues
0 commentaires Envoyer Posté le mardi 21 avril 2009 à 06:52

De mon temps, on donnait de son temps.
Donner de son temps c'était tentant.
Avant, de mon temps, on donnait tant !
C'était de bon ton, c'était le bon temps.   Bon sang, t'entends les jeunes d'antan ?
Prendre son temps, c'est épatant !
Se faire du sang, vers quoi ça tend ?
Puis c'est bien lent, bien entêtant !   Maintenant t'attends tellement longtemps,
Que de temps en temps tu cèdes ton temps;
Pour faire de l'argent tant et tant,
C'est en chantant que t'es partant !   Tu vendrais ton âme à Satan !
T'y passes tant de temps, c'est exaltant ?
T'es si distant, c'est ton passe-temps ?
Où est le gitan d'il y a trente ans ?   Nish


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